Rimbaud
Mémoire
I
L’eau claire; comme le sel des larmes d’enfance,
l’assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes;
la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes
sous les murs dont quelque pucelle eut la défense;
l’ébat des anges;—non…le courant d’or en marche,
meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d’herbe. Elle
sombre, avant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle
pour rideaux l’ombre de la colline et de l’arche.
Memory
I
Clear water; like the salt of childhood tears,
the assault on the sun by the whiteness of women’s bodies;
the silk of banners, in masses and of pure lilies,
under the walls a maid once defended;
the play of angels;—no…the golden current on its way,
moves its arms, black, and heavy, and above all cool, with grass. She
dark, before the blue Sky as a canopy, calls up
for curtains the shadow of the hill and the arch.